- soit nous sommes mûrs pour la vertitude
- soit au contraire nous ne trouvons pas les bagnoles plus gênantes que d'autres modes de transport !
A Venise les rues ne nous semblent pas plus calmes ou plus sûres... les ambulances font un bruit d'enfer, et les transports à pied entraînent aussi leur cortège de nuisances...
Je me sens devenir ici bien indulgent envers les bagnoles...
Et les gondoles, me direz-vous ?
La vision romantique qu'on en a me paraît loin de la réalité...
Il faut voir ce que représente un tour de gondole prés de Saint Marc: les gondoles agglutinées à la queue-leu-leu (25 ou 30) dans un canal glauque, essayant de se frayer un chemin vers le Grand Canal, où les vaporetto - pris d'assaut - les bloquent en attendant l'accès à leurs embarcadères.
Il est certes des endroits plus calmes, où l'aventure peut prendre le tour attendu.
Je ne dirai pas de mal de l'embarcation elle-même: élégante, racée, obéissant à des codes précis, ni de son gondolier à la livrée elle-aussi classieuse et codifiée.
Là où ça me paraît clocher, c'est quand je vois la faune qui s'assied dans ces augustes dorures comme sur le siège d'Attila (voir Torcello!), dans la tenue négligée du touriste mondialisé (ici, le Christian, dans sa mandorle amincissante!):
Ce n'est pas ici le contraste raffinement / barbarie, mais plutôt le contraste raffinement / vulgarité qui se fait jour !!
Et comment ne pas être saisi d'effroi à la vue de ces 'QR-codes' débordant des sièges molletonnés !!!
Mention spéciale à l'indispensable accessoire du touriste se gondolant de nos jours: la perche à selfie (regardez attentivement photo ci-dessous)!!!.
Contrepoint horizontal à la rame verticale du gondolier, elle est indispensable à celui qui veut regarder sa vie dans un rétroviseur, en se faisant le principal acteur de cette rétrospective !!
Il semble bien que cette évolution technologique ne soit pas achevée: on évoque déjà les 'anges gardiens numériques' - sortes de drones ultra-miniaturisés qui accompagneront tout un chacun avec une caméra et optimiseront l'image à chaque instant, pour qu'on puisse enfin, le soir venu, se regarder vivre en toute quiétude sur son iPhone...
'Descendre de vélo pour se regarder pédaler', participe du même désir qu'évoquait Lamartine: 'ô vous heures propices, suspendez votre cours..'
Et je ne me fais pas d'illusion, le carnet de voyages ou le blog ne sont que la génération technologique précédant la perche à selfie, en plus intello peut-être, mais participant de la même idée et de la même vulgarité - se mettre au centre du décor qui défile, sans prendre toujours le temps d'en apprécier les raffinements culturels et historiques sous-jacents....



il a un petit coup de mou , là, le père Christian , non?? c'est vrai que la dernière fois , les perches à selfie nous ont "gonflés"!!
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